Thammy Miranda s’affiche à la Fête des Pères.

Thammy Brito de Miranda Silva, 38 ans, acteur et reporter, est marié avec Andressa Ferreira, modèle : ils ont un enfant, un garçon « Bento » né au mois de janvier. Il a été sélectionné avec 12 autres jeunes hommes comme porte-parole d’une campagne publicitaire pour la fête des pères (le 09/08/2020) d’une grande marque de cosmétique brésilienne, Natura, à vocation internationale. Les treize personnages représentatifs de notre époque, un par un, dans un témoignage « authentique » énonce une caractéristique – Qu’on peut entendre comme la principale pour chacun d’entre eux ! -, de ce qu’est un père. La prise de parole sonne comme venant à la fois d’un père et d’un fils : émouvant sans mièvrerie.

Thammy est né de sexe féminin. Après avoir assumé son homosexualité en 2006, il adopte un style résolument masculin. Sa mère, l’actrice et chanteuse Gretchen, confirme qu’il a toujours eu une préférence pour les vêtements masculins et détesté poupées et jupes. En 2014, Thammy affiche sa transexualité, réalise thérapie hormonale et re-désignation sexuelle. Il obtient le changement de genre sur ses documents d’où il retire son second prénom Cristina ; il explique : « Ce n’est pas une option. Je trouve que qui est « gay » nait ainsi, je suis né ainsi. Nous avons été élevés en apprenant que le correct est garçon avec fille. C’est difficile de changer ça. »

Sa présence ostentatoire pour la Fête des Pères au Brésil, soulève une polémique de la part des plus conservateurs et un élan de sympathie des plus progressistes. En dehors du courage affiché de l’acteur et de l’entreprise de cosmétique à repousser les archaïsmes, le phénomène est révélateur d’une société en évolution : le seuil du tolérable/possible avance. Souvent les familles se construisent aujourd’hui sur un non-modèle, une référence souple : l’individu affiche ce qu’il désire, moins contraint par le « politically correct » des concepts/mots, moins dissimulé sous les semblants des coutumes. L’évolution n’est pas nouvelle, l’écartement des frontières est en marche. Le moindre impératif de la norme paraît un déclin de la structure morale, un gain de liberté : l’individu y trouve un sentiment de perte, et/ou un mieux vivre, associés à d’infinies variables…

La tendance est confirmée. Les résultats en bourse – Où les agents ne sont souvent pas à l’avant-garde. -, de la société de cosmétique en référence sont venus saluer, entre autres, le choix d’un marketing dans le sens de son époque ; Benetton a su le faire il y a cinquante ans. L’évolution est en cours, irrémédiable, le consentement nécessaire : à bon entendeur, salut !

PS : – « C’est ainsi que sans les contredire (les anciens) nous pouvons avancer le contraire de ce qu’ils disaient. » Blaise Pascal (1623-1662)

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Pas de Xingu au quai Branly !

Le cacique Aritana Yawalapiti (71 ans), est décédé, victime de non-assistance à personne en danger. Figure historique de la culture du « Alto Xingu » (État du Mato Grosso), mort de Covid 19, sa disparition mérite une reconnaissance politique ostensible. Un des piliers de son peuple – 16 ethnies, une réserve de 26.500 km2 (5 départements français) -, leader pacifique et traditionaliste, il plaidait, devant notre blanche réalité « matérialiste et mercantile » (Incompréhensible pour un indien !) pour une société « magique, spritualisée et ritualiste » respectueuse de l’environnement. Claudio Villas-Bôas pionnier-idéalisateur, avec ses deux frères, du Parc National du Xingu (1961) a reconnu en Yawalapiti, dès les années 70, un interlocuteur.

Le décès du chef charismatique est à mettre sur le compte du refus manifeste du gouvernement Bolsonaro d’offrir à Aritana et à son peuple la couverture sanitaire nécessaire pour prévenir l’épidémie qui atteint avec une rare intensité les populations indigènes : le système immunitaire des indiens d’Amazonie démuni de défense contre les virus provoque un taux de mortalité extrêmement élevé. Après qu’il ait été diagnostiqué positif aucun effort d’assistance ne lui a été concédé : sa maladie s’est prolongée trois semaines. Après un voyage de 10h dans une ambulance, il est décédé dans la capitale Goiânia du Goias, l’état voisin. Le crime n’est pas isolé ! Le 05 août le Suprême Tribunal de Justice (La plus haute cour de justice, onze membres) a cosigné à l’unanimité, l’obligation pour le gouvernement d’adopter des mesures pour contenir l’avancée du Coronavirus au sein des populations indigènes (FSP du 10/08).  

Comme Marielle Franco, Aritana Yawalapiti est un symbole ; il est celui de la résistance contre l’extermination réfléchie des autochtones du Brésil historique.  Le manque d’assistance à personne en danger, caractérise le gouvernement Bolsonaro, aussi bien que son mépris de la culture indigène, le non-respect du Parc du Xingu reconnu il y a soixante ans, et des terres synonymes de préservation de la nature en générale et de l’Amazonie en particulier. Avant que la culture des indiens du Xingu ne soit cantonnée au Musée des Arts Premiers du Quai Branly, il appartient à tous les démocrates, de dénoncer l’insupportable inhumanité d’un gouvernement négationniste.     

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Le Pouvoir est excessif

Les excès du fonctionnement de la société, du poids de ses institutions démocratiques, de son droit à la parole, de son devoir de statuer sont insupportables. Chaque individu dans sa folie, dans sa part de morbide, dans sa propension à la revanche est insupportable. La justice vient parfois y palier.

Tout type de pouvoir est excessif ; il n’y a d’équilibre que dans un contre-pouvoir équivalent. Le pouvoir de la parole est excessif, et l’intolérance a sa place dans l’énoncé de l’insupportable de la violence, de la ségrégation sous toutes ses formes, du manque d’humanité du non-respect de la vie en général : l’excès dans la dénonciation est à supporter, pour être dénoncée à son tour.

L’excès de l’A/autre nous excède, nous insupporte.

La violence verbale est aussi à combattre, mais le sens de la mesure, le bon goût, la politesse, le politiquement correcte, le respect de l’autorité et de la personne qui la représente ne peuvent être réglementés stricto sensu. La démocratie impose un débat, une confrontation sur la place publique où les humains – peu raisonnables – s’excèdent.

La loi (Et quelque prétendu savoir !) ne saurait encadrer la vie.

Les clowns Donald et Bozo du grand Cirque Tautol(ogie) et Popul(isme) ne cesseront d’exister ni ne se tairont ; ils font partie de la vie de la cité.         

Si Charlie Hebdo n’est plus ma tasse de café – Je tiens dès Hara-Kiri au respect du droit à dire tout haut ce qui peut traverser l’esprit un moment !-,  je confesse boire à son insolence : elle me fait sourire de mes propres convictions et me laisse hilare à dénoncer les pouvoirs mesquins et glorieux.

Les 150 intellectuels, Noam Chomsky, Gloria Steinem, Ian Buruma, Mark Lilla, Margaret Atwood e Martin Amis, auteurs John Banville, Jeffrey Eugenides, J. K. Rowling e Salman Rushdie, essayistes (Paul Berman, Anne Applebaum, David Brooks, Francis Fukuyama, Malcolm Gladwell, Atul Gawande, Enrique Krauze, Arlie Russell Hochschild, Michael Ignatieff, Greil Marcus, Fareed Zakaria, George Packer e Andrew Salomon, musicien Wynton Marsalis, ex-champion d’échec Garry Kasparov… ne se sont pas trompés à dénoncer la tolérance zéro dans la « Lettre ouverte sur la Justice et le Débat Ouvert » dans la revue du 07/07 du Harper’s : ils accusent une nouvelle morale politiquement correcte de se livrer à une chasse persécutrice contre les non-alignés.

Je suis Michel de Montaigne quand il dit, de sa tour-bibliothèque : « Si haut que l’on soit placé, on n’est jamais assis que sur son cul !». J’écoute Nina Simone :

Hulton Archive/Getty Images