
Steve Hodgson
Une vie sinueuse m’égare dans le temps, me disperse dans l’espace.
Le passé marque mon individu, l’alourdit de meurtrissures. Le futur plane à mon fol horizon, définitif miroir aux alouettes.
Prisonnier de l’immense toile nostalgique, halluciné par le désir d’une potentielle éclaircie, je néglige le présent.
L’insaisissable fluidité du temps me suspend, tel le cerf-volant, dans la houle d’une quatrième dimension.
La littérature me livre moult illustrations inspirées voire poétiques : elles me font passer le temps sans m’en donner l’essence.
Moebius et sa demie torsion de ruban me laissent sans dessus dessous : j’erre au vu de la banale réalité.
Mon sablier/bouteille de Klein m’obsède : le circuit sans dedans ni dehors assène à mon esprit à quatre dimensions une irrémédiable défaite.
Perplexe, j’opte pour la dégustation appliquée, tous sens aiguisés, de mon verset préféré, « Carpe diem » à la lueur de la pleine lune.