Mapa mundi .

Lune derrière les nuages
Stephen Rahn

Sur les crêtes à la nuit tombante, une lune irisée apparaît dans sa gangue de brume, incandescente : pluvieuse harmonie.

Tisseuse de rêve soyeux et de moirure badine, sa blancheur martelée ensorcelle mon esprit équivoque : ombre d’une fantaisie ourlée.

Le voile se déchire sur une arrête, la palpitante planète se pose sur sa base de tulle : dessin au fusain lumineux, halo ambigu.

La pulpe du grandiose arrondie vibre dans son écrin noir de satin froissé ; sans entrave elle croit, se dresse majestueuse, souveraine.

Accrochées aux parois de la falaise deux cariatides de brouillard accompagnent l’ascension, portent aux nues le volume dionysiaque.

Le tendre marbre blanc callipyge s’élève bruissant, surplombe le sombre escarpement apollinien à la triste sérénité imperturbable.

Le voile mouvant d’une nuée attise la suggestion, trouble la vision, quand, un nuage d’encre péremptoire ferme le rideau.