Covid-19/ Temps (1)

Six mois, le confinement insensible se détend, interminable soirée d’été à l’orage menaçant, frappant ici et là ; je m‘éparpille dans une perspective nocturne, sans lune, incertaine.

Les contingences interdisent de cueillir l’instant, ludique ; fenêtre ouverte des traces équivoques persistent, entretenues par les médias. Au présent le doute a pris domicile : relent d’humidité excessive, odeur de salpêtre envahissante, prégnante. Aucun air neuf n’affleure dans la fourbe apparence de calme : le temps se distend, se suspend, s’accélère, se retord, se dilacère…  

Une absolue incertitude relative envahit les projets, les diffère, les assujettit à une nouvelle perplexité sournoise, insaisissable ! Le futur se perspective en sables mouvants : baie de Somme, grève, mer et ciel agités dans un camouflage uniforme gris kaki.

Le passé récent diffère de la réalité quotidienne, s’échappe, inutile comme un conte : autre époque ! L’autrefois se confond à l’horizon, s’enfuit : l’infini envahit l’espace-prétérit, donne le tournis.

Entre futur remis en question et passé trépassé, le présent se perd sans borne : sans ses anciennes références le présent n’a plus sa place, évanescent.