Covid-19/ Temps (2)

un temps pour tout

Le nouveau temps du confinement installe un nouvel espace majeur, le monde virtuel. Si l’abstraction a commencé avec le langage et les peintures rupestres il y a plus de 40 000 ans, le Covid-19 accélère l’avènement de la virtualité, la croissance de son champ est exponentielle.

Habitués au spectacle planétaire du petit écran, nous devenons acteurs permanents par la force des choses : nécessité du travail « home office », palliatif aux relations affectives à risque, opportunités mises à disposition des centres culturels, visites et spectacles en tout genre…

La présence corporelle d’un autre et le partage physique des espaces sociaux sont occasionnels, rares ; un nouveau rituel perturbateur distancie, gêne la convivialité, frappe d’un sceau de frustration la rencontre.

La surréalité escamote espace et temporalité ; une ubiquité temporelle et spatiale devient notre quotidien : attraction inconsistante, biais viciant. Dans une apesanteur au carré le corps flotte, les sens suspendus à une autre réalité.

L’absence physique de l’affection d’un autre me terrasse dans le fond d’une demi conscience : accès d’hébéphrénie, je me réduis, me suffis, m’autarcie, m’absente ! Mon corps se perd dans un semblant de semblant, miroirs en face à face : trou sans bord, mon moi se dissout, s’évapore…  

Besoin impérieux d’actualiser le désordre de mes sens ! J’éteins mon ordinateur et marche accompagné :