Covid-19/ Temps (1)

Six mois, le confinement insensible se détend, interminable soirée d’été à l’orage menaçant, frappant ici et là ; je m‘éparpille dans une perspective nocturne, sans lune, incertaine.

Les contingences interdisent de cueillir l’instant, ludique ; fenêtre ouverte des traces équivoques persistent, entretenues par les médias. Au présent le doute a pris domicile : relent d’humidité excessive, odeur de salpêtre envahissante, prégnante. Aucun air neuf n’affleure dans la fourbe apparence de calme : le temps se distend, se suspend, s’accélère, se retord, se dilacère…  

Une absolue incertitude relative envahit les projets, les diffère, les assujettit à une nouvelle perplexité sournoise, insaisissable ! Le futur se perspective en sables mouvants : baie de Somme, grève, mer et ciel agités dans un camouflage uniforme gris kaki.

Le passé récent diffère de la réalité quotidienne, s’échappe, inutile comme un conte : autre époque ! L’autrefois se confond à l’horizon, s’enfuit : l’infini envahit l’espace-prétérit, donne le tournis.

Entre futur remis en question et passé trépassé, le présent se perd sans borne : sans ses anciennes références le présent n’a plus sa place, évanescent.   

Liberté (2)

Quelques discours exemplaires des gouvernants de ce nouveau temps :

  • La dramatisation : « C’est la guerre ! » E. Macron. Je sens la prise en mains autoritaire de tous les moyens de l’état à des fins indéfinis sans délai : dénoncée, entérinée, les résultats ne prouvent rien.
  • Le négationnisme « Ce n’est qu’une grippe ». J. Bolsonaro. Le super homme sous-entend le sacrifice de quelques-uns pour la survie des autres : inhumain, morbide. Les nations ont déjà donné ! Les résultats sont pitoyables.
  • Le maternalisme « Il faut se laver les mains et ne pas faire de stock ». A. Merkel. On banalise pour éviter la panique, on infantilise la population. Rassurante et simpliste face à l’inconnu. Les résultats sont discutables.
  • La transparence « C’est une épidémie sans précédent. » J. Ardern. On annonce la gravité de la situation, compassion retenue : un sourire nerveux pour des mesures draconiennes de contention immédiate.

Le discours est à l’aune du profil des femmes et des hommes au pouvoir : majoritairement politique, ambigu. Les conséquences humaines, sociales, économiques montrent que l’éthique – le discours claire de J. A. et les décisions corrélatives – , est la seule à se sustenter : véritable alternative aux sociétés notoirement centralisées, autoritaires, dont les résultats (!?) – au prix de la liberté !-, s’équivalent à ceux de cette dernière.

Liberté.

L’exercice de la démocratie, république et similaire, est difficile : la vie politique, somme d’échanges croisés d’intérêts complexes et discutables, est synonyme de perte de temps, les progrès sont lents, questionnés sans discontinuer pour exister un revers à toutes les médailles.

Si une partie grandissante de l’humanité s’efforce depuis plus de deux mille ans à améliorer le modèle, certains croient à l’alternative autoritaire, sur le champ, plus efficiente, et à l’évolution totalitaire. Historiquement :   

  • Un système totalitaire implique un régime à parti unique.
  • L’état est régi par ce Parti qui, fort de son idéologie, dicte la vérité officielle.
  • Laquelle est diffusée et garantie par deux monopoles d’état : la communication et la force.
  • La vie, économique, politique, professionnelle, sociale est dès lors soumise à la vérité officielle.
  • Toute activité est par conséquent d’État, et toute faute est idéologique : la répression policière.
  • Un terrorisme idéologique et policier s’installe, et suffoque les espaces de liberté.

Certains états flirtent avec ce modèle autocratique. Plus grave, la puissance économique chinoise ne pourrait-elle inverser l’histoire de la démocratie ?

« La démocratie est un mauvais système, mais elle est le moins mauvais des systèmes ». Sir W. Churchill.