Identitarisme.

La revendication d’un peuple à une identité est un concept controverse ; il obligerait les sociétés dominantes à sortir de leur ethnocentrisme, mais retourné par les mouvements nationalistes, il génère un droit à la ségrégation.

Les conservateurs qui se disent menacés, revendiquent la même reconnaissance identitaire que celle de nombreuses minorités méprisées. En quoi la revendication identitaire du peuple Yanomami, des Quilombolas …est-elle plus recevable que le nationalisme des yankees ou des franchouillards ? La réponse une évidence : les Yanomamis, les Quilombolas … sont susceptibles d’être éradiqués de la planète dans les prochaines années, au profit d’intérêts particuliers, alors que leur civilisation a su préserver la planète et n’est pas un risque pour les Autres. Le cas des nations dominantes et de leurs ultras conservateurs ne supporte pas la comparaison.

La différence n’est subtile que pour ceux pour qui l’assimilation grossière des deux démarches cache une volonté d’affrontement à l’issue en faveur des plus forts ; se laisser manipuler requiert une intelligence obtuse.

Le futur de l’humanité appartient à un métissage déjà en cours depuis des millénaires ; il fait partie de l’évolution. Le Brésil est en avance dans ce domaine, sans que le processus ne soit ni complet ni sans défaillances. Métissage et acculturation passent par la reconnaissance d’un autre à la fois égal et différent, susceptibles de sommer ses caractéristiques : le respect d’une part d’humanité méconnue que certains ignorent.

Ouverture et tolérance sont nécessaires pour éviter suprémacisme et ostracisme, expériences dont nous connaissons les coûts absurdes. Les nationalistes qui se réclament d’identitarisme, se travestissent, pour faire valoir leur désir de domination absolutiste.

Empires et invasions n’ont survécu ; le repli sur soi est régression. La non-acceptation des différences augmente la violence des affrontements, un jour dépassé par une tolérance vitale, comme la guerre finit par un accord de paix.  

Mon identité ne souffre pas de la confrontation avec un autre étranger, mais s’enrichit d’un grain d’universalité.