19/12/25

Cher Ami,

Le désir d’équilibre et d’avancer s’impose à moi, vital : je flâne en amateur attentif aux contingences.

L’idée de cycle, à toutes les échelles de l’univers et de la vie, a sa vraisemblance. D’un éon à l’autre, elle élucide cette inclinaison de la nature pour la conjugaison de la répétition et de l’évolution. Mon quotidien est comme un cycle, pour un objectif instinctif qui dépasse la routine : large horizon indéfini, bel au regard de mon optimisme natif. Le point de départ n’est pas plus clair, un étang familier planté de troubles arborescences ; quelques années d’analyse, une compagne vigilante, des enfants critiques, de vrais amis, et les pierres du chemin m’enseignent le relatif.

Jeune j’ai cru à des moyens pour un mieux vivre ; solutions matérielles où le poids de l’environnement était fondamental. Avec la maturité, j’y ai vu l’envoûtement culturel de l’être social et de ma tribu. Dans un réflexe grégaire j’ai vécu en urbain, avec des millions d’individus, enrégimenté pour mieux répondre à la demande de la société libérale, emprisonné par des besoins renouvelés.

La boucle est bouclée, mais quelle juste mesure ? Capturé par le Progrès, qui n’est pas qu’illusion, comment retrouver une relative autonomie de jugement ? Comment déjouer les réflexes consuméristes, éviter les pièges des propositions d’un nouveau bien-être, déjouer les recettes scientifiques ou ancestrales contre le temps qui passe. De plus en plus généré par une IA croissante, en compétence et en extension, on fait le siège de ma personne, quand Gaïa signalise son dépérissement. Déroulement d’informations paradoxales à mes yeux incrédules et mon appréhension sans fin.

Sans céder à la panique ou à la paranoïa, partisan, sans parti ni maître, je résiste à la vague négationniste et à l’IA dominatrice. Je crois à un sursaut possible en faveur de notre planète, pour continuer à cueillir la poésie de sa naturelle beauté, à déguster ses infinis saveurs, ses tissages sonores et tactiles, à procurer des sources d’amélioration durable.

Devant l’horizon chargé d’orage, Sisyphe, au pas incertain, j’avance à tâtons.  

#gaia #sisyphe #IA

12/12/25

Cher Ami,

En mammifère migrateur je me suis posé, définitif. La tentation de l‘isolement scande ma routine. Fatigué du cirque de la société, j’aime ma retraite : j’y trouve un vrai confort.  

Les signes d’une évolution hasardeuse de la vie sur la planète, mon incapacité à soulager le drame de milliards d’individus et le triste spectacle tragi-comique autour de moi, m’incitent à me replier sur mon bout de terrain que j’imagine lointain.

Le cercle des proches varie peu : ma famille à la géographie mouvante, en expansion grâce aux jeunes générations, les amis de toujours que le temps épargne, de rares nouvelles rencontres souriantes, des évanouissements par la force des choses ; j’ai mon content de démonstration d’affection.

Je passe la majeure partie de mon temps entre la solitude sous surveillance de ma chienne au tempérament de chat, et ma vie de couple au partenariat sans cesse renouvelé. C’est mieux qu’un choix délibéré : j’ai été happé par une évolution qui, depuis quelques années, se déroule comme les vagues répétées sur la grève de mon intuition.

`Loin de nombreuses formes de pollution, je cultive une forme de distance pour relativiser, comprendre les univers que le genre humain a créés, malgré lui, oubliant ses origines terrestres ; j’exerce une conscience multidimensionnelle faite d’affects, d’intuition, de connaissance, d’éthique, pour être une voix résistante à la grossièreté dominante : message contrepartie à mon manque de clairvoyance regrettable.

Je prends le temps, trop souvent dénigré, de perdre mon temps ; je vis en flâneur : les sens attentifs, l’esprit au ralenti, j’élabore les tenants et les aboutissants de l’instant qui passe, lui adjoins les réminiscences aléatoires de mon imagination vagabonde, et procure un mode de vie ajusté au déclin de la planète.

 Ma perte de vitalité me ralentit. L’attention a besoin de se préoccuper de détails auparavant négligés : la patience et l’écoute m’occupent. Je m’éloigne insensiblement ; la jeunesse qui m’entoure et mon désir de saisir les signaux faibles avant-coureurs du futur, me maintiennent sur le qui-vive.

#isolement #desir #flaner

@jean.gazurek

05/12/25

Cher Ami,

L’humanité est devant l’impossibilité de poursuivre l’usage irresponsable des ressources limitées de notre planète ; elle oblige à l’abandon du paradigme qui crée le mirage d’un progrès matériel sans limite : tous les êtres humains vont devoir passer de vivre mieux en consommant plus, à vivre différemment pour survivre.

L’équilibre de la planète Terre est bouleversé : une évolution imprévisible est en cours. Seule conclusion aux consciences clairvoyantes, devant l’augmentation de la dégradation de notre environnement versus la médiocrité des conclusions de la COP30 : ça urge !

Une épidémie de cécité intellectuelle sévit ; les dirigeants, représentant la population, entérinent ce que celle-ci souhaite, supporte. Comment expliquer aux 8 milliards d’habitants qui désirent l’amélioration de leur bien-être, que l’augmentation de la consommation n’est pas une perspective envisageable ?

En 1, neutraliser les grandes gueules négationnistes qui, par aveuglement et par intérêt, nous noient dans un tsunami de contre-vérités : mouvement de contre-feu ou guérilla. La guerre de tranchée actuelle dépasse les délais impartis pour inverser l’évolution climatique et ses conséquences.  

En 2, démontrer que nous n’avons pas le choix à l’élite victorieuse du Capital et aux 1% de la population la plus riche qui continuent de bénéficier de cette croissance impossible : décideurs, ils ont besoin d’une narrative pour y voir leur intérêt, et devoir monter une nouvelle stratégie. La crise les touche en moindre proportion, mais l’impasse est pour tous.

En 3, élaborer le discours accessible et convaincant pour la grande majorité qui cède au discours simpliste et négationniste des réactionnaires : retour au passé, nationalisme, protectionnisme … Notre monde n’est pas celui du passé ; il nous faut assumer les aspects positifs et leurs effets pervers, conclure et avancer. 3 (bis), pour les 5% favorisés, une rhétorique spécifique pour une modification radicale de leur style de vie, responsables de trop de pollution.

L’homme est un animal terrestre !

#planete #ecologie