Nous ne partageons que notre destin. Le langage, outil exclusif des humains depuis quelques milliers d’années et de quelques milliards d’individus, aux 7000 variables font de notre planète une Babel!
Trois écrivains circonscrivent l’impasse de notre affection verbale : langues de feu révélatrices, voyage difficile, incertain, grandiose.

Joao Guimaraes Rosa dans « Grande Sertao Veredas » en 1956 (Traduction française : « Diadorim »), histoire parabole et épopée du XXème siècle. Les mots et leur enchaînement obligent à perdre pied de la stricte rationalité ; le récit à la parlure inédite, incompréhensible si on s’en tient au sens commun des mots sans lexique, est créations et récupérations de variantes dialectales du patois d’un état de la taille de la péninsule ibérique. Il impose un monde cru, perdu, dont le sens, le charme n’existe que pour soi : lâcher-prise, pérégrination en auto assistance, égarements font partie du voyage. Un monde réel et distant, ou la musicalité des vocables et notre imagination glanent la poétique d’une vraie rudité. Seul face à la force de mots nouveaux, du semi-aride…
James Joyce a écrit « Ulysse » (1922) et « La veillée des Finnegan » (1939 ) ; les deux, à la liberté croissante d’avec les bonnes pratiques de la littérature, construisent une œuvre qui multiplie les points de vue et les styles, déconstruit les phrases – Syntaxe aléatoire jusqu’à l’incongru !-, étend le choix des mots – De l’argot au latin érudit et moult idiomes étrangers – jusqu’à la création : un apparent désordre désarticule notre système de penser, noie le poisson humain dans le jus de la lalangue de J. J. : elle nous enlève dans le voyage dés-connexe de sa personnalité égotique, à l’impression d’esthétique hallucinée, à l’ironie inquiète, hérésie bienveillante, amorale. Épiphanie d’une vie réinventée par la parodie mystificatrice d’une langue caméléone qui confond le lecteur …
À SUIVRE…/…