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Un peu plus loin dans le temps, Stéphane Mallarmé a poussé le jeu de l’écriture, en but ultime d’une esthétique, recherche du beau idéal, vérité suprême, symbolique, orphique. Jeune ses écrits sont légers enjoués, sensuels par touche ; l’âge venant ils déplacent les canons de sa poésie, rien n’a plus de sens, sinon l’infini conjugaison étudiée de l’architecture de l’œuvre, de l’agencement des mots, de leur musique, leur couleur, leur texture : une pure impression de subtile perfection, sans emphase, impressionniste. Les traits s’effacent pour laisser place à une clarté, que le lecteur projette sur l’univers suggéré des syntagmes : le temps fuyant s’arrête pour un instant, l’espace est libre, une pure poésie s’induit. La langue n’est plus un guide mais une ouverture sur un monde « supérieur », une idée sans contour, un rêve démâté, une ballade d’ombres et de lumières…
Ces trois exemples littéraires montrent que la langue, outil, multifonctionnel, met en évidence l’impossibilité d’une réelle communication, d’une relation : le langage est la barrière de nos différences et son lien. Les trois maitres jouent de leur instrument, leurre heureux qui nous rapproche sous le chapiteau de la comédie humaine, et établit la singularité de l’individu lecteur : combien d’interprétations lumineuses, combien de différents emportés ! Ils révèlent la complexité de la société humaine, soulignent son incontinence explosive, comme celle promue par ceux d’entre nous qui veulent faire croire à leurs congénères que les solutions sont simples, radicales, venues d’un ordre supérieur qu’ils ont découvert, et incarnent. Danger !
Le fantastique de ses œuvres m’aide dans ma trajectoire solitaire – Elles reviennent sur ma table de chevet où j’aime, à l’heure de Morphée, déguster quelques lignes, quelques pages, comme un vieil alcool de qualité, pour m’enivrer ! – ; depuis mon aquarium j’écris, symptôme de ma solitude épicurienne…