
Une fin de semaine : une visite à un musée d’art contemporain et d’une ville « historique », une journée au jardin, quelques repas arrosés, des discussions qui se perdent dans leurs méandres. Le retour de l’ami renouvelle l’habituel.
La présence physique de l’autre renoue l’échange : à l’oralité et au regard attentif de l’écran, s’associent l’épiderme et l’odorat ; la proximité intègre les 5 sens et les 4 dimensions qui renouent les files de la complexe humanité.
S’asseoir autour d’une table, partager une promenade se revêtent d’habits de fête ; l’averse de fin d’après-midi sèche au feu du dialogue ; les heures au grain dure se transfigurent en petits fruits juteux qui enivrent, font perdre la notion du temps, tendent à l’éternité.
Les corps laissent échapper l’émotion, interagissent ; la phalange d’un doigt se décrispe, un pied se balance, les bras s’agitent, le corps se détend, la respiration s’altère, le regard s’embrume. La subtilité essentielle de l’instant induit l’intimité, génère un rêve de relation, un privilège.
Le plaisir d’échanger à la vue d’un détail ou d’une œuvre d’art sollicite des énergies souterraines qui n’osaient affleurer ; une confiante proximité circule, une syntonie fine s’installe, un manque de pudeur embarque les intimes dans des associations d’idées, des révélations une autre heure incongrues. Le courant passe avec l’air partagé sans barrière, frémissement et humour ; la moquerie souriante, qui révèle le travers, la faiblesse, est une marque d’affection, d’amitié.

