16/05/25

Cher Ami,

Avec le Pape Léon XIV élu, l’Église, une des institutions les plus conservatrices, par son fonctionnement et son enseignement, signalise vouloir poursuivre une rhétorique politique et sociale pour plus d’humanisme, à l’opposé de nombreuses institutions et régimes politiques historiquement plus récents : à minima hypocrites et erratiques 

L’Europe se bat contre ses paradoxes : respecter le nationalisme croissant de ses 28 pays et exister sur la planète comme une seule entité politique, économique et militaire. Les 56 pays du Commonwealth sont les sédiments d’un impérialisme du siècle dernier, sous l’ombrelle de l’image médiatico-folklorique de la couronne d’Angleterre. Avec l’aide du néo rétro capitalisme et les entreprises de technologie de l’information, les Etats-Unis d’Amérique ont élu un président qui méprise toute forme d’humanité ; il ne croit qu’au pouvoir de l’argent, celui des plus forts. Comme eux, la Russie des oligarques veut par les armes le retour d’un impérialisme digne du XIXe. Xi Jinping, énigmatique président héritier du régime communiste, habille de soie sa guerre commerciale et financière : un gant à une pieuvre, pas à un Panda géant ; avec une maîtrise du temps culturelle, Xi développe une stratégie de jeu de Go à l’échelle planétaire. Quelques rares géants du capitalisme tentent de se défaire lucidement du poids financier de leur héritage…

Le pontificat de François, sans se déparer d’une forme de dialogue, a été marqué par un discours en faveur de la paix : contre l’invasion russe de l’Ukraine, pour un cessez-le-feu à Gaza, pour l’accueil des immigrés/réfugiés, pour plus de justice surtout pour les démunis, et dénonçant le non-sens du réchauffement climatique, ce qui insupporte extrême droite et droite radicale. Compte tenu de sa jeunesse et de son parcours, Léon XIV, élu dès le deuxième jour du Conclave avec plus de 100 votes pour 133 cardinaux votants, va continuer à être vigilant et à prêcher plus d’humanisme ; la richesse de l’Église et la très lente révision du droit canonique montrent, aussi, combien il est facile d’éplucher l’œil du voisin…

13/12/24

Cher Ami,

Être un individu perdu dans la foule me convient, ni gris, ni couleur de muraille, réservé pour n’être qu’entre – aperçu ; héritage petit bourgeois « pour vivre heureux vivons cachés » : pas reluisant ! Mais sans culpabilité ni remord, j’y trouve la liberté d’exister sans avoir à être à la hauteur d’une attente quelconque ; un serein manque d’audace à la recherche d’une ligne de conduite, désir et éthique.

Que faire de mes dix doigts et de cette capacité médiane à réfléchir ? Dans un contexte d’une rare complexité, gagner en efficience m’obligerait à m’enrégimenter dans un domaine, ou un groupe ; inclination et expérience m’ont rendu allergique aux manipulations conséquences du parti pris. Témoin, j’y perdrais mon reste de liberté et de clairvoyance, contrarierais mon scepticisme. Contraint à l’isolement, je furète tous azimuts, me confronte aux amis, souvent opposants ; je poursuis mes doutes, multipliant escabeaux et béquilles.  

J’aime à observer l’actualité et ses problématiques, le plus souvent cul par-dessus tête ; je cherche aussi la place de l’autre. Quel autre ? Combien d’autres ? Quel équilibre entre autocentrisme inévitable et dispersion enivrante ? Avec la distance et l’âge, quelle lecture, modeste mais pertinente, de ce monde brutal et inconséquent pourrais-je laisser à mes enfants, et à leurs enfants ? 

Je confesse que, voyageur insensé, j’ai trouvé mon port d’attache ; ma partenaire et moi avons construit une maison qui, par un heureux hasard, nous ressemble : large et claire, ouverte à tous les vents, au creux d’un val du semi-aride tropicale, et à quelques lieues du centre-ville d’une grande ville de province. La construction est ancrée au milieu d’un jardin gagné sur le maquis à l’impression de bout du monde. J’y cultive l’observation et l’oisiveté : découverte et ressourcement.            

Une forme de paresse, m’envahit à l’heure de comprendre et d’utiliser les réseaux sociaux … Sans être résistant à cette nouveauté, je ne suis pas pro actif, tout au plus suiveur. Je procrastine l’objectif d’une diffusion efficace.

La lecture traditionnelle, livre en main, est ma tasse de thé.

22/11/24,

Cher Ami,

Samedi (Sabbat) 7 octobre 2023 à 6H30 du matin, 3 mille terroristes du Hamas et d’autres islamistes entrent en territoire israélien après le tir de milliers de roquette ; l’action, de longue date planifiée, prend de surprise Tsahal. Ils font 250 otages et près de 1200 morts dont 800 civils souvent massacrés (violés, décapités, énucléés, démembrés, émasculés, calcinés). Actes et cruauté sont revendiqués sur les réseaux sociaux par leurs auteurs. A 10 h du matin, les unités d’élite d’Israël sont à l’initiative. Cette journée est la plus meurtrière dès la fondation d’Iraël en 1949.

On comprend l’état de rage et le désir de revanche de l’état hébreux ; le premier ministre Benjamin Netanyahu déclare le pays en guerre à 10H34. Justifiée par la barbarie de l’agression, elle va prendre un caractère qui dépasse la logique d’une réponse armée ou d’une recherche de solution : c’est une vengeance qui, à son tour, ne respecte aucune convention internationale. Pour tenter d’en prendre la mesure : ces dix dernières années jusqu’en octobre 2023 on déplore 3924 morts palestiniens et 232 israéliens ; depuis le 7/10/23 on compte 44 mille morts, 103 mille blesssés et 1,9 million des 2,3 Gazaouïs déplacés à Gaza – 780 morts en cisjordanie et 3360 morts au Sud Liban, en Syrie et au Yémen – et du côté israélien 1815 morts, 3572 blessés et 200 mille déplacés. Civils, femmes et enfants sont la grande majorité.

Des voix du monde entier demandent un cessez le feu et une solution négociée, parmi elles celles de Juifs d’Israël et du monde entier. Rien n’y fait, Maquiavel et le double langage sont de mise ; B. N. refuse sous tous les prétextes de s’asseoir à la table de négociation, opère dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et au Liban, pour éradiquer (Est-ce possible!?) le Hamas et leurs alliés sans la moindre commisération pour les souffrances d’une population  sous le joug de l’extrémisme Islamique ; et l’occident, pour garder bonne conscience, joint sa voix au partisan d’une paix négociée mais continue de livrer armes et munitions à l’armée israélienne.

L’arrivée de Donald Trump ne va pas tempérer le “jusqu’au boutisme” de Benjamin Netanyahu.