Le Brésil !?(3)

Ici règne l’originelle structure ambivalente, mutante : une contestation molle infiltre l’apparat masculin, une séduction matriarcale insinue le patriarcal décor dominant, et son organisation technocratique. Anthropophage !

La joie palpable, épice d’une diététique de vie, affleure dans un humour premier, irrépréhensible ; le matriarcat cannibale consomme le messianisme occidental. De la comédie dramatique du quotidien surgit dérision et sourire, absolvants.

La haine de l’autre différent demeure, exécrable, ancrée dans l’histoire, non-sens affiché : la couleur de la peau de 80% de la population se partagent entre morena clara/brune claire, et morena escura/brune foncée. Dans le doute on dit parda/beige indéfini, de l’intercontinental pardal/moineau. Les 20% restants sont pretinhos, diminutif affectueux de preto/noir, ou branquelos diminutif railleur de branco/blanc. Le melting-pot racial a commencé avec les portugais et leurs esclaves africains ; puis les immigrants de toute l’Europe et du Proche-Orient, auxquels se sont joints des orientaux surtout japonais et coréens, sont aussi venus envahir les heureux autochtones. Escurinhos e branquelos aujourd’hui le sont souvent par un hasard de la génétique. Le racisme s’éternise absurde !  

Le Pouvoir est excessif

Les excès du fonctionnement de la société, du poids de ses institutions démocratiques, de son droit à la parole, de son devoir de statuer sont insupportables. Chaque individu dans sa folie, dans sa part de morbide, dans sa propension à la revanche est insupportable. La justice vient parfois y palier.

Tout type de pouvoir est excessif ; il n’y a d’équilibre que dans un contre-pouvoir équivalent. Le pouvoir de la parole est excessif, et l’intolérance a sa place dans l’énoncé de l’insupportable de la violence, de la ségrégation sous toutes ses formes, du manque d’humanité du non-respect de la vie en général : l’excès dans la dénonciation est à supporter, pour être dénoncée à son tour.

L’excès de l’A/autre nous excède, nous insupporte.

La violence verbale est aussi à combattre, mais le sens de la mesure, le bon goût, la politesse, le politiquement correcte, le respect de l’autorité et de la personne qui la représente ne peuvent être réglementés stricto sensu. La démocratie impose un débat, une confrontation sur la place publique où les humains – peu raisonnables – s’excèdent.

La loi (Et quelque prétendu savoir !) ne saurait encadrer la vie.

Les clowns Donald et Bozo du grand Cirque Tautol(ogie) et Popul(isme) ne cesseront d’exister ni ne se tairont ; ils font partie de la vie de la cité.         

Si Charlie Hebdo n’est plus ma tasse de café – Je tiens dès Hara-Kiri au respect du droit à dire tout haut ce qui peut traverser l’esprit un moment !-,  je confesse boire à son insolence : elle me fait sourire de mes propres convictions et me laisse hilare à dénoncer les pouvoirs mesquins et glorieux.

Les 150 intellectuels, Noam Chomsky, Gloria Steinem, Ian Buruma, Mark Lilla, Margaret Atwood e Martin Amis, auteurs John Banville, Jeffrey Eugenides, J. K. Rowling e Salman Rushdie, essayistes (Paul Berman, Anne Applebaum, David Brooks, Francis Fukuyama, Malcolm Gladwell, Atul Gawande, Enrique Krauze, Arlie Russell Hochschild, Michael Ignatieff, Greil Marcus, Fareed Zakaria, George Packer e Andrew Salomon, musicien Wynton Marsalis, ex-champion d’échec Garry Kasparov… ne se sont pas trompés à dénoncer la tolérance zéro dans la « Lettre ouverte sur la Justice et le Débat Ouvert » dans la revue du 07/07 du Harper’s : ils accusent une nouvelle morale politiquement correcte de se livrer à une chasse persécutrice contre les non-alignés.

Je suis Michel de Montaigne quand il dit, de sa tour-bibliothèque : « Si haut que l’on soit placé, on n’est jamais assis que sur son cul !». J’écoute Nina Simone :

Hulton Archive/Getty Images