12/09/25

Cher Ami,

Le cowboy étatsunien a choisi le bras de fer avec le reste de la planète : cet isolement va accélérer la fin de l’hégémonie des USA, de l’occident. En Orient la Chine, et son allié obligé la Russie, va imposer son mode autoritaire enrobé de soie à la plus grande partie de ses voisins (presque 5 des 8 milliards d’habitants de la planète), et va soudoyer l’Afrique et nos démocraties vacillantes. Dans 25 ans, l’occident aura succombé peu ou prou, et à la fin du siècle nous aurons été colonisés.

Le genre humain doit affronter un triple défi : d’abord gérer la réduction des ressources naturelles de la planète, ensuite opérer la mutation du système libéral qui soumet la pensée des individus, capturés par une information en réseau, à un jeu mortifère où la « money » est la valeur suprême, et enfin l’irréversible baisse de la population mondiale aux conséquences économiques et sociales in-imaginées. Une opportunité…!!!???

Optimiste incurable, je n’ai pas choisi ma nature, je crois qu’après l’échec inévitable des fausses valeurs du profit, du sectarisme et leurs conséquences mortifères, à une nouvelle ère : celle d’un humanisme, celui du respect de la vie et de l’autre, qui existe dans les cultures les plus diverses autour du globe. Son sens a été détourné par les faux prophètes aux solutions simplistes, autoritaires et ségrégatives. Avec Edgar Morin, 104 ans ancien résistant philosophe constructiviste, je plaide en premier lieu pour l’optimisme, levier contre l’attraction morbide qui fait le succès des réactionnaires d’aujourd’hui : croire à la vie, affronter sa complexité et ses doutes inhérents, même quand la lumière au bout du tunnel vacille.

Une tristesse rageuse m’envahit devant le sort des plus démunis de notre communauté humaine. Le soixante-huitard ressenti se souvient de ses rêves de société meilleure, plus égalitaire et libre, fraternelle, et de progrès sans fin.  Optimiste malgré mon dépit, je parie sur les prochaines générations qui poseront les bonnes questions, découvriront les nouvelles solutions et surferont sur la nouvelle vague. La lutte d’Éros contre Thanatos continue.

https://youtu.be/HxAsO_aQiwo?si=LgpaJ9q4f5Lt0cwU

#eros @thanatos

15/08/25

Cher Ami,

L’homme, superbe, s’est lancé à la conquête de la planète, de la vie ; nouveau propriétaire, il applique les pronoms possessifs à tout sans développer de sentiment de responsabilité. Saint Ex le propose au Petit Prince dans sa relation avec sa Rose. Ingénuité humaniste qui évite la réification de ce qu’on veut à soi : le possesseur responsable se projette dans l’objet devenu une extension de lui-même.

Dans un mouvement inverse, le système capitaliste dépossède l’être humain de ce qu’il produit en échange d’une rémunération. La monnaie, d’une valeur réelle à l’origine convenue pour faciliter les échanges, est devenue une fiction qui promeut la consommation dans une société globale : « Le fétichisme de la marchandise »*. Le système fonctionne et le détournement promeut l’avilissement ; on ne travaille plus à un « projet », asservi, on vit la société de consommation. Et le sujet, lui devient un objet marchand au milieu des autres. L’analyse dialectique originale de Marx a vu juste ; le communisme de la lutte des classes et son nouveau système n’ont abouti qu’à plus d‘autoritarisme.

Le libéralisme poursuit sa marche. Dernière réification, la pensée humaine pour tous : notre capacité à réfléchir est substituée, pour la joie de tous et l’euphorie des Bourses, par des moteurs de recherche qui répondent à tous types de question, instantanément. Aliénation suprême, sans responsable du discours, de sa véracité, de sa diffusion…

L’homme ne sait composer avec la structure matérialiste de l’existence ; la vie n’a pas de sens. Pourquoi ne pas céder à la nouvelle supercherie de cette réalité marchande ? Le capitalisme a dépassé les limites, et l’environnement donne des signes d’épuisement : la non-vie a pris le pas sur le vivant. La crise écologique va imposer, avec une violence naturelle, une révolution sociale au genre humain. 

La respublica est aux ordres de potentats libéralistes : le Capital régit les représentants du peuple élus dans un simulacre de démocratie : les hommes politiques sont pris au piège du jeu des apparences d’un guignol planétaire.

     *Livre I du Capital  

#marx #libéralisme #ia @captmac97

18/04/25

Cher Ami,

Dans ces périodes troublées, la tentation du repli sur soi est grande ; il ne faudrait pas grand-chose pour que je me complaise dans mon bout du monde. Mais notre planète est en effervescence !

En politique la perte du leadership des USA est ostentatoire, son président l’accélère : l’avènement d’un nouveau multilatéralisme dans moulte domaines est plus qu’incertain. L’économie mondiale ne sait conjuguer une forme de progrès et une prise en compte des limites de notre planète. La baisse de la population planétaire et son vieillissement n’ont pas été anticipés, ni les conséquences sociales etc. La guerre sans limite pratiquée par quelques dirigeants fachistes maintient le risque d’une extension incontrôlée. L’épée de Damoclès d’une nouvelle pandémie n’est pas écartée. La croissance d’une frange de population richissime au détriment des 4 milliards d’êtres humains qui, au mieux, dépassent le seuil de pauvreté, crée un déséquilibre explosif : l’omission de cet état de fait et l’inaction des autorités pour l’amélioration des conditions de vie des démunis et discriminés nourrissent une légitime révolte. Le réchauffement de la planète commence à peine à révéler ses conséquences, incommensurables.

Le quidam ne sait où donner de la tête, et des pieds.

Une maison imaginée au milieu d’un jardin protecteur a été réalisée sur un coup de pot ; un amour de vingt ans ne pâlit pas ; les sollicitations de cinq enfants et d’autant de petits-enfants me font partager leurs jeunes vies ; quelques amis fidèles dénoncent mes idiosyncrasies et divergent de mes opinions ; mes travaux d’écriture m’obligent à une introspection critique quotidienne ; mon gériatre me recommande de ne pas toucher à l’équilibre que je me suis inventé.

La situation externe est cauchemardesque, l’interne est souriante.

L’inaction me pèse ; l’agitation militante m’afflige : le parti-pris détourne de la vue d’ensemble. Après avoir élu quelques sources d’information non alignées, je me donne bonne conscience en signant les pétitions de ma boite courriel. Sans énergie débordante, je ne sais où appliquer mon peu de vertu, et confesse mon insatisfaction.