15/11/24,

Cher Ami,

Force est de constater que la violence vulgaire du discours fasciste (« Reconnaître le fascisme » de Umberto Eco) a conquis une majorité in the USA : une chape brune commence à les recouvrir et menace le reste de la planète.

Les USA sont une république fédérative au fonctionnement démocratique ; un populiste autoritaire s’installe à sa tête , la première puissance économique et militaire. Un sujet, à la truculence et la grossièreté exceptionnelles, renverse les lois/habitudes de fonctionnement de ses institutions : passage en force et chantage. « Hussard » du XXIème siècle, il a conquis la majeure partie de la population et de ses représentants : DT va diriger en despote ploutocrate au népotisme affiché.

Si les crises s’enchainent en cascade, économique et sociétale, écologique et planétaire, après-demain démographique, la crise politique d’outre atlantique, fait chavirer le témoin contemporain : aucun mouvement, aucun Homme Politique n’a su offrir une alternative crédible, à l’opportuniste enfonceur de porte ouverte, à l’autocrate populiste !

Une réalité sociale préside à l’événement :  la classe moyenne, comme chez nous, n’a pas été entendue dans ses nécessités de base et dans sa sécurité, qui se dégradent. Là d’autres conditions ont aidé à ce que les mensonges du surhomme antisystème convainquent. Ici et là, les narratives officielles se sont discréditées aux yeux de la classe populaire : les républicains conservateurs travaillent ouvertement pour un Capitalisme sans frein, et les démocrates progressistes ont un discours élitiste-identitaire qui ne les inclut pas. Les laisser-pour-comptes sont des millions à affronter une paupérisation inéluctable, que les crises aggravent : alors que le système ne l’endigue, ils ne sont même pas entendus.

La société de consommation est arrivée au bout de sa logique, entrainant une crise sociétale ; les politiques ne savent y répondre. Les Européens ne sont pas plus clairvoyants que les autres : il est temps de retrousser les manches, pour trouver le chemin d’une vie possible et solidaire sur la planète : pourquoi pas fin de la gabegie, et sobriété ?  

28/06/24

Cher Ami,

Macron, incapable de présider la Renaissance promise de l’Hexagone, a anticipé les élections législatives ; coup de poker qui prend tout le monde de court. La décision du chef de l’état donne l’impression qu’il garde les rênes, prenant l’initiative du désordre : c’est nouveau ! Sa stature d’homme d’état en pâtit. Objectif pratique mettre une fois de plus les Français devant un choix cornélien entre les extrêmes à droite et à gauche ; ou l’alternative usée du centre très à droite de la majorité présidentielle.

Le RN a à sa droite une ultra droite qui lui donne un semblant de respectabilité qu’elle entretient par un discours sibyllin. Des générations feignent de ne pas se souvenir :  une nouvelle figure lisse, séduit ; un nouveau ton de « brun » fumeux est à la mode. 

Le LR qui n’a su être le rempart des valeurs républicaines de l’après-guerre s’est lentement effondré ; sans pouvoir le confesser, on imagine un pacte contre nature avec le RN. La sortie extravagante de son président est révélatrice de leur (in)conscient collectif, immédiatement refoulé. Le « Grand Charles » se retourne dans sa tombe : une étreinte de tamandua se profile.

Les partis du Président actuel, nés de sa jeune popularité, sont à la ramasse ; son crédit est en perte de vitesse : la renaissance n’a pas eu lieu et la situation économique ne s’est améliorée que pour les riches.

A gauche on ne sait plus à quel saint se vouer : les Communistes continuent marginaux, le lieder des Insoumis a dit tellement d’incongruités qu’il est arrivé à détruire l’élan des derniers optimistes ; le parti des Verts a entamé un recul européen, pour ne pas présenter de vrai programme qui intègrerait le climat. Le parti socialiste veut croire à une renaissance de ses cendres après une contre-performance notoire aux dernières élections présidentielles et un résultat honorable aux élections européennes.

Le lancement d’une gauche unie passe par un Nouveau « Front Populaire » : en 1936 une éminente mobilisation populaire qui termine dans le décor en 1938. La mémoire n’est pas le fort des Français.

Narcisse a ouvert la boite de Pandore. A suivre…

04/19/24

Cher Ami,

L’attaque de l’ambassade iranienne le 5 avril au Liban, tuant un général et 6 personnalités, n’a aucune nécessité stratégique pour Israël. Pure tactique de Netanyahu, pour gagner du temps face à une situation tous les jours plus insoutenable : scandales de l’exécutif non traduits en justice, guerre outrageuse à Gaza sans libération d’otages, ni élimination du Hamas.

Le régime islamique de l’Iran a répondu par une attaque d’une ampleur sans précédent ; internationalement annoncé elle est déjouée sans surprise par B.B. Gains Théocratiques : pour la population iranienne favorable au régime une démonstration de force (300 drones et missiles) ; mais sans victime, elle va éviter la confrontation directe qu’elle n’a pas les moyens de gagner et revient au centre de l’échiquier moyen-oriental ; face à une crise économique et sociale interne, elle détourne l’attention.

Le gouvernement d’Israël est remis en selle : il diminue l’échec du 7/10/23, déjouant l’attaque d’un ennemi redouté de l’occident ; il légitime son jusqu’au-boutisme et retire les projecteurs de ses exactions à Gaza.

Mise en scène parfaite : le lendemain de l’attaque, les écoles réouvrent et BiBi, qui n’a que faire de l’ONU, saisit son Conseil de Sécurité d’une plainte contre L’Iran. Les états arabes (Jordanie en tête) dans leur grande majorité veulent éviter l’escalade Chiites / Sunnites ; les grandes puissances Chine et Russie espèrent bien ne pas être appelées à la rescousse. Israël en profite pour demander une aide supplémentaire aux USA… Les affaires reprennent leur cours, chacun ayant trop à faire.

Les souffrances des Gazaouïs sont insupportables aux yeux des grands de ce monde et de leurs cris d’orfraie. Et … !!!??? Bibi montre une fois de plus son cynisme machiavélique. Politiques et autorisés occidentaux se battent pour qualifier du mot le plus juste le premier ministre d’Israël : débat occidental de bien-pensants face à un tortionnaire d’un nouveau genre.  

Ukraine 38 millions d’habitants, 26 mois de guerre, 60 000 morts majoritairement militaires ; Gaza 2 millions d’habitants 6 mois de guerre 33 000 morts en majorité femmes et enfants.