28/06/24

Cher Ami,

Macron, incapable de présider la Renaissance promise de l’Hexagone, a anticipé les élections législatives ; coup de poker qui prend tout le monde de court. La décision du chef de l’état donne l’impression qu’il garde les rênes, prenant l’initiative du désordre : c’est nouveau ! Sa stature d’homme d’état en pâtit. Objectif pratique mettre une fois de plus les Français devant un choix cornélien entre les extrêmes à droite et à gauche ; ou l’alternative usée du centre très à droite de la majorité présidentielle.

Le RN a à sa droite une ultra droite qui lui donne un semblant de respectabilité qu’elle entretient par un discours sibyllin. Des générations feignent de ne pas se souvenir :  une nouvelle figure lisse, séduit ; un nouveau ton de « brun » fumeux est à la mode. 

Le LR qui n’a su être le rempart des valeurs républicaines de l’après-guerre s’est lentement effondré ; sans pouvoir le confesser, on imagine un pacte contre nature avec le RN. La sortie extravagante de son président est révélatrice de leur (in)conscient collectif, immédiatement refoulé. Le « Grand Charles » se retourne dans sa tombe : une étreinte de tamandua se profile.

Les partis du Président actuel, nés de sa jeune popularité, sont à la ramasse ; son crédit est en perte de vitesse : la renaissance n’a pas eu lieu et la situation économique ne s’est améliorée que pour les riches.

A gauche on ne sait plus à quel saint se vouer : les Communistes continuent marginaux, le lieder des Insoumis a dit tellement d’incongruités qu’il est arrivé à détruire l’élan des derniers optimistes ; le parti des Verts a entamé un recul européen, pour ne pas présenter de vrai programme qui intègrerait le climat. Le parti socialiste veut croire à une renaissance de ses cendres après une contre-performance notoire aux dernières élections présidentielles et un résultat honorable aux élections européennes.

Le lancement d’une gauche unie passe par un Nouveau « Front Populaire » : en 1936 une éminente mobilisation populaire qui termine dans le décor en 1938. La mémoire n’est pas le fort des Français.

Narcisse a ouvert la boite de Pandore. A suivre…

04/19/24

Cher Ami,

L’attaque de l’ambassade iranienne le 5 avril au Liban, tuant un général et 6 personnalités, n’a aucune nécessité stratégique pour Israël. Pure tactique de Netanyahu, pour gagner du temps face à une situation tous les jours plus insoutenable : scandales de l’exécutif non traduits en justice, guerre outrageuse à Gaza sans libération d’otages, ni élimination du Hamas.

Le régime islamique de l’Iran a répondu par une attaque d’une ampleur sans précédent ; internationalement annoncé elle est déjouée sans surprise par B.B. Gains Théocratiques : pour la population iranienne favorable au régime une démonstration de force (300 drones et missiles) ; mais sans victime, elle va éviter la confrontation directe qu’elle n’a pas les moyens de gagner et revient au centre de l’échiquier moyen-oriental ; face à une crise économique et sociale interne, elle détourne l’attention.

Le gouvernement d’Israël est remis en selle : il diminue l’échec du 7/10/23, déjouant l’attaque d’un ennemi redouté de l’occident ; il légitime son jusqu’au-boutisme et retire les projecteurs de ses exactions à Gaza.

Mise en scène parfaite : le lendemain de l’attaque, les écoles réouvrent et BiBi, qui n’a que faire de l’ONU, saisit son Conseil de Sécurité d’une plainte contre L’Iran. Les états arabes (Jordanie en tête) dans leur grande majorité veulent éviter l’escalade Chiites / Sunnites ; les grandes puissances Chine et Russie espèrent bien ne pas être appelées à la rescousse. Israël en profite pour demander une aide supplémentaire aux USA… Les affaires reprennent leur cours, chacun ayant trop à faire.

Les souffrances des Gazaouïs sont insupportables aux yeux des grands de ce monde et de leurs cris d’orfraie. Et … !!!??? Bibi montre une fois de plus son cynisme machiavélique. Politiques et autorisés occidentaux se battent pour qualifier du mot le plus juste le premier ministre d’Israël : débat occidental de bien-pensants face à un tortionnaire d’un nouveau genre.  

Ukraine 38 millions d’habitants, 26 mois de guerre, 60 000 morts majoritairement militaires ; Gaza 2 millions d’habitants 6 mois de guerre 33 000 morts en majorité femmes et enfants.

12/01/24

Cher ami,

Ailton Krenak, a transcrit et édité en 2019 deux conférences données au Portugal dans un livre « Idées pour repousser la fin du monde ».

Le titre provocation annonce une vision différente de celle ethnocentriste occidentale où « l’humanité » est un modèle suffisamment intelligent et complet pour coloniser la planète, appréhender et dominer l’univers. La question posée est « Sommes-nous une humanité » ? Ses Institutions sont-elles capables de prendre les décisions nécessaires à la défense de la vie sur la planète, ou sont-elles les fruits d’un système en faillite qui nous empêche de penser autrement ? Quel type d’humanité sommes-nous qui ne sait inclure les fleuves, les montagnes, les forêts… Nous sommes « le peuple de la marchandise » dit le peuple Yanomami.

L’être humain loin de ses racines est pris dans un tourbillon sociétal qui l’anesthésie ou le rend fou. Pendant que le tourisme transforme les montagnes sacrées, qui parlent aux populations indigènes, en parcs et parkings, en marchandises et services, en centres de profit, nous perdons la relation avec la terre, organisme vivant qui nous enlace ; nous devenons des zombies sans nous en rendre compte. Les seuls accros qui nécessitent du contact avec Gaya sont les marginaux, les oubliés de l’occident, les sous-humanités indigènes, aborigènes…

« L’idée que nous, humains, nous nous séparions de la terre pour vivre dans une abstraction civilisatrice, est absurde. »

« Chanter, danser et vivre l’expérience magique de suspendre le ciel est commun à de nombreuses traditions » 

« Quand nous disons que notre rivière est sacrée, ou que la montagne nous dit qu’il va pleuvoir les personnes disent : ça fait partie de leur folklore » 

« Pour les peuples (d’Asie, d’Afrique, d’Amérique ndlr) qui ont reçu cette visite (celle des colonisateurs ndlr) et sont morts, la fin du monde a été le XVIème siècle. »

« Puisque la nature est cambriolée d’une manière tant indéfendable, soyons, pour le moins, capables sans les mettre sur le marché, de maintenir nos subjectivités, nos visions, nos poétiques sur l’existence. Définitivement nous ne sommes pas égaux… »