« L’éco terrorisme »

Commence à faire le buzz. La bonne presse exagère outrageusement pour atteindre les esprits pantouflards de sa sauce gribiche à prix fort. On imagine le retour des Brigades rouges, repeintes de vert, on nous sert un camouflet à la symbolique du capital.

Je ne rangerai l’activité subversive ni dans les tartes à la crème, ni dans les drames actuels de l’Iran, l’Ukraine et tant d’autres … Sorry !

Presse et porte-paroles asservis s’emparent du devant de la scène : ils caractérisent de crime les actes de provocation contre l’art consacré, conservé dans des musées auxquels des milliards d’êtres humains n’auront jamais accès, et dont la planète paye le prix fort. Sommet de l’absurde ! La bonne société se mobilise pour la défense de l’objet consacré, symbole de notre société de consommation et détourne notre attention de notre avenir et de celui de milliards d’individus démunis. Le crachat à la face de « la jeune fille à la perle » de Vermeer mobilise les bien-pensants que les drames humains ne touchent plus. Bourdieu l’expliquait déjà dans les années 60.

Aucune vie humaine n’a été menacée ; les actes sensationnalistes montrent même une sorte de respect pour l’art : actes prémédités, les activistes prennent soin d’utiliser dans leurs procédés des moyens spectaculaires qui ne portent pas définitivement préjudice aux œuvres… Les défenseurs de la planète visent juste, atteignent un symbole consacré de notre société libérale et gagnent une visibilité que les cris d’orfraie des conservateurs amplifient.

Les musées les mieux réfléchissants l’ont compris et se posent la question de comment conjuguer conservation du passé et préservation du futur.

Quant au Cavalier de Charles Ray, sali en place publique j’en ris ! Comme François 1er au Louvre, le cavalier de François Pinault s’est installé à l’entrée de son musée. L’artiste doit son succès sur le marché à l’engouement du sponsor ; le capitaliste international investit ostensiblement dans l’Art Contemporain, en oublie presque la défense de l’environnement. Son image préfère la rentabilité du marché de l’Art à celle de la préservation de l’environnement.

Au Brésil !

Dimanche 02/10/22 premier tour des élections, Bozo (43%) actuel président, et l’ex Lula (48%). Deux personnalités et deux positions politiques antagoniques, un même charisme populiste, une même nécessité : créer des alliances, leur parti respectif représente 20% et 15% des députés.

Le premier, connu pour sa narrative d’extrême droite fasciste, ses propos rustres et ségrégatifs, ses décrets irrespectueux de l’environnement, prône une société ultra-libérale, et défend les intérêts du capital comme celui de l’agriculture industrielle

Le second a terminé son 2ème mandat (2011) avec 83% d’approbation pour sa lutte contre la pauvreté ; d’autres choix politiques sont plus controversés ; le soutien à Dilma Rousseff (Successeur) est une erreur, sa projection internationale un succès.

La constitution brésilienne de 1988 oblige au quotidien le pouvoir exécutif a composé avec le législatif, en commençant par l’approbation de son budget… Le président, en dehors de la base alliée – en moyenne 6 partis qui ne constituent pas une majorité -, doit composer avec quelques-uns des 20 restants, le « Grand-centre », ventre mou qui fluctue. Ces partis ont une origine régionale ; ils répondent à la demande de modestes municipalités de province, aux problèmes urgents : une infirmerie, une école, une ambulance etc. Ces élus sont des personnalités locales sans coloration politique, opportuniste par nature et par obligation.

Aux partis alliés on offre des ministères et des postes importants de l’administration, aux autres on fait des concessions financières avec l’aide d’amendements, de subventions… Un exemple : le budget secret (10 milliards de US$ en 4 ans) a été amendé à la veille des élections de 100 Millions de Dollars supplémentaires redistribués rapidement par le biais de différents ministères. Pratiques perverses.

Lula devrait remporter avec difficultés cette élection. La cuisine politicienne et l’absence de narrative construite des partis démocratiques ne cessent de décevoir les citoyens, entrainant la croissance d’une extrême-droite radicale à la harangue simple de contre-vérités et fake-news, au Brésil et ailleurs.

Marketing Royal

Une histoire chaotique !

Au IXème siècle les Vikings dominent l’Angleterre. Au XIème le duc de Normandie Henri II Plantagenêt hérite du trône. Au XIVème Edouard III Plantagenêt revendique le trône de France : la Guerre de Cent Ans. Un parlement de deux chambres est mis en place. Fin XVème, Gallois et Ecossais Tudor installent un pouvoir centralisé et nationalise l’Église. Au XVIIème, le règne des Stuart d’Ecosse se conclu en 1649 par l’exécution de Charles 1er. Dix ans de Cromwell : retour de la royauté et du pouvoir renforcé des Communes et des partis politiques. Fin XVIIème, pour éviter une couronne catholique, ils invitent Marie, fille du roi, et son mari Guillaume d’Orange à renverser le roi. A sa mort en 1714, le parlement choisit, Georges 1er, fils de Sophie de Hanovre et belle-sœur de Guillaume, et crée la fonction de Premier Ministre, que les Communes indiquent ; il préside aux affaires. 1837, la loi salique retire à la reine Victoria la couronne de Hanovre. La Maison de Saxe-Cobourg-Gotha est rebaptisée en Windsor par Georges V en 1917.  

Chute de l’empire : déclaration de Balfour. Les principales ex-colonies deviennent des Dominions. La couronne britannique se perpétue indépendante dans chacun d’eux, et préside leur alliance commerciale, le Commonwealth. On y défend le libéralisme démocratique. En 1947 L’Inde républicaine reste membre du Commonwealth, qui croît grâce au précédent, au prestige de la couronne et aux intérêts partagés.   

Elizabeth II a évité de prendre position en politique ; elle soigne son prestige symbolique proche du conte de fée, malgré les écarts de la famille royale.

Charles III est un Roi constitutionnel aux 15 couronnes dont la fiction s’étend à une communauté de 36 républiques et cinq monarchies ; 30 millions de Km2 et 2,5 milliards d’êtres humains.

La mise en scène de la royauté britannique captive : la pompe est mieux orchestrée qu’un spectacle de Disney et sa communication royale évoque un rêve vivant, un grand théâtre comparable au Vatican. Bienveillants principes conservateurs et vieilles institutions de grande souplesse abritent des membres à la main lourde et à la dent dure.