Expérience.

L’évolution de notre société néolibérale augmente les confrontations violentes. L’intellectuellement satisfaisant rejoindra un jour un nouveau « Consensus » réaliste, pour prendre en compte la crise du climat et l’augmentation des inégalités, réfutant l’alternative fascisante. La recherche de solutions immédiates et locales à l’escalade passe par trois points clés : le refus du choix de la violence, la recherche du détonateur de la crise, la mise en place d’une interface crédible pour les antagonistes.

Rio de Janeiro, une unité commerciale, destinée à la classe moyenne supérieure, voisine une communauté marginalisée ; au passage en caisse, de jeunes adolescents montrent un revolver sous leur tee-shirt et sortent sans payer. Leur condition et l’environnement rendent impossible toute intervention… Les responsables, tenus par la nécessité de contourner l’impasse, élaborent une alternative. La communauté voisine respecte consensuellement une autorité religieuse syncrétique : par son intermédiaire, il est proposé la livraison régulière de denrées alimentaires, pour répondre aux carences immédiates de nombreuses familles. La responsabilité du comportement des ados revient à la communauté.

En région parisienne, une municipalité abrite deux clientèles distinctes : une aisée et une autre majoritairement issue de l’immigration, vivant dans des HLM : les jeunes des citées souvent désœuvrés provoquent les agents de sécurité, jusqu’à ce que des coups de feu soient échangés dans la galerie marchande. Avec le changement de direction, l’équipe de sécurité est substituée par une nouvelle dirigée par un ancien champion de boxe anglaise Kabyle. Les nouveaux agents sont des sportifs immigrés d’origine ; ils vont à la rencontre des jeunes sur leur territoire pour leur enseigner les arts martiaux. Un espace de confrontation, puis de compréhension et de respect est créé : tout le monde se connait. L’escalade est stoppée, une cohabitation non-violente revient.

Réponses limitées, solutions ponctuelles, palliatifs contre la violence endémique, dans l’attente de véritables solutions…

Ukraine 24/02/23.

Contre l’attente de beaucoup, les Ukrainiens ont opposé une résistance exceptionnelle et repoussé l’armée russe. Les occidentaux (Surtout les USA) les fournissent maintenant en armement de dernière génération. Une guerre de tranchée a commencé et va durer, sauf nouvelle surprise !

La surprise a été le Président de la République Ukrainienne Volodymyr Zelensky : juif ashkénaze d’origine, né dans le sud-est russophone, il se déclare laïc. Formé en droit, il choisit la production télévisée humoristique et devient le protagoniste d’un président « Serviteur du peuple ». De la fiction à la réalité, il se fait élire en 2019 et son parti a la majorité au parlement ; sans réforme profonde, son image et celle de son gouvernement se dégradent. Le 24 février 2022 révèle ses qualités de chef de guerre : dans un pays où la sensibilité varie de russophile à russophobe, il profite de l’invasion et des barbaries russes pour réussir une mobilisation générale depuis la capitale Kyiv prête à tomber. L’invasion russe est stoppée, puis bat en retraite ; il gagne l’aide des occidentaux, qui n’ont pas à livrer bataille.

Les calculs et la stratégie russes n’étaient pas erronés. En 2008 la mainmise russe sur l’Ossétie Géorgienne n’a intéressé personne ; en 2014 l’annexion russe de la Crimée et de la ville de Sébastopol (Historiquement indépendantes !) n’a pas déclenché de réaction réelle de la communauté occidentale ; et sa passivité en 2016 avec la Syrie où Poutine impose à la population (20 millions d’habitants et 500 mille morts) l’autocrate Bachar el-Assad est notable. En 2022, l’annexion après le Donbass de la fragile Ukraine, par une blitzkrieg était de l’ordre du possible.

Face au nationalisme impérialiste russe, la diplomatie des occidentaux ne peut donner de leçon, ne trouve pas sa place. Poutine a su créer contre eux, par leur passé d’impérialiste congénital et de la non-reconnaissance de leurs erreurs, un front au sein des organisations internationales.

Chapeau bas aux Ukrainiens, exemplaires ! L’occident devra attendre les demandes de Volodymyr Z. pour repousser l’expansionnisme russe, et, devra faire le ménage chez lui.  

« L’éco terrorisme »

Commence à faire le buzz. La bonne presse exagère outrageusement pour atteindre les esprits pantouflards de sa sauce gribiche à prix fort. On imagine le retour des Brigades rouges, repeintes de vert, on nous sert un camouflet à la symbolique du capital.

Je ne rangerai l’activité subversive ni dans les tartes à la crème, ni dans les drames actuels de l’Iran, l’Ukraine et tant d’autres … Sorry !

Presse et porte-paroles asservis s’emparent du devant de la scène : ils caractérisent de crime les actes de provocation contre l’art consacré, conservé dans des musées auxquels des milliards d’êtres humains n’auront jamais accès, et dont la planète paye le prix fort. Sommet de l’absurde ! La bonne société se mobilise pour la défense de l’objet consacré, symbole de notre société de consommation et détourne notre attention de notre avenir et de celui de milliards d’individus démunis. Le crachat à la face de « la jeune fille à la perle » de Vermeer mobilise les bien-pensants que les drames humains ne touchent plus. Bourdieu l’expliquait déjà dans les années 60.

Aucune vie humaine n’a été menacée ; les actes sensationnalistes montrent même une sorte de respect pour l’art : actes prémédités, les activistes prennent soin d’utiliser dans leurs procédés des moyens spectaculaires qui ne portent pas définitivement préjudice aux œuvres… Les défenseurs de la planète visent juste, atteignent un symbole consacré de notre société libérale et gagnent une visibilité que les cris d’orfraie des conservateurs amplifient.

Les musées les mieux réfléchissants l’ont compris et se posent la question de comment conjuguer conservation du passé et préservation du futur.

Quant au Cavalier de Charles Ray, sali en place publique j’en ris ! Comme François 1er au Louvre, le cavalier de François Pinault s’est installé à l’entrée de son musée. L’artiste doit son succès sur le marché à l’engouement du sponsor ; le capitaliste international investit ostensiblement dans l’Art Contemporain, en oublie presque la défense de l’environnement. Son image préfère la rentabilité du marché de l’Art à celle de la préservation de l’environnement.