La Chine


L’Europe investit en armement et court le risque d’une disette. Hommes d’affaires et dirigeants politiques, services de renseignements et fins diplomates n’ont pas pris la mesure du cousin orthodoxe. L’Europe va y laisser sa culotte et son image, la Russie s’orientaliser.

Les médias suivent les évènements occidentaux, l’araignée chinoise tisse soyeusement sa toile. Le temps joue en sa faveur ; après négociations, elle absorbe par reptation, mesures administrativo-financières et techniques, les intérêts particuliers et privés qu‘elle avait sollicités. Question de temps, sa croissance économique (de l’ordre de 100% d’ici 2032) va créer, les conditions politico-financières, et militaires, de la domination : la presqu’île Hongkongaise sera annexée, et l’île de Taïwan suivra. Dans l’immédiat Xi Jinping sauve les apparences désirées par la morale occidentale dominante. Le coût de la précipitation serait immense ; la suprématie chinoise entrainera une omission générale. Un conflit d’un quelconque type est inutile, la victoire sans livrer bataille est assurée. « L’art de la guerre » Sun Tzu.

La croissance est programmée : après être le principal fournisseur de produits manufacturés de la planète, elle se poursuivra avec l’ouverture du marché interne à une consommation « occidentale » : 1,4 milliards d’individus…         

La Russie, repoussée par l’ouest et le centre de l’Europe, va dépendre de son voisin chinois : la Chine renforce le front face à l’occident divisé par un libéralisme incurable, gagne un accès privilégié à des matières énergétiques qu’elle n’a pas, et la Russie le meilleur allier économique de la planète.  

Le président Xi est de l’ethnie Han comme 90 % de la population chinoise, présente dans toute l’Asie : culture syncrétiste de confucianisme et taoïsme. En Chine et à l’étranger, il est déjà considéré de l’envergure de Mao Zedong et Deng Xiaoping. Son intelligence stratégique va prévaloir encore pour au moins dix ans, le temps nécessaire d’installer la Chine a sa place : l’empire dominant de la planète. Il souhaite inscrire « Une belle histoire chinoise », revanche souriante contre la violence de l’Occident et du Soleil Levant.

Entre absurde et non-sens.

Trois sens à « conscience ».

Le premier : état physiologique des êtres vivants du règne animal synonyme d’éveil, de lucidité.   

Le deuxième : la dimension morale. La conscience nous partage : lutte interne entre super-ego, ou normes intégrées de la socio-culture (Religieuses !), et les pulsions polymorphes de la vie, perverses. Pour chaque individu s’entre-ouvre la porte à une recherche éclectique entre plaisirs et frustrations ; on y ajoute la jouissance de la culpabilité et des punitions, celle de la dialectique interne de contournement et relativisation, et aussi celle la soumission/subversion aux lois liquides de la vie, l’immense miroir de la nature : écologie niveau zéro.

Le troisième est celui de la conscience, connaissance de son environnement, et de soi-même ; sentiment archétype de la vie émotionnelle humaine comme l’amour, la liberté, la peur, la joie, l’espoir etc. La conscience de soi a une place particulière : l’intuition autiste de sa propre existence. Le sujet perplexe est séduit par l’infini perspective de deux miroirs en vis à vis : je sens donc je suis, et vice versa… Le ressenti émotionnel auto-qualificatif est la preuve primaire de sa propre existence. Avant « Je pense donc je suis », le genre humain, doté de langage, élève d’un degré la réflexion : élaboration verbale, intellectuelle, de la conscience de soi, exégèse du ressenti. La poétique mystificatrice y trouve la preuve de l’existence d’une âme humaine, d’essence divine : pure acte de foi. Avec cet axiome l’homme invente une finalité à la vie et s’extrait par le haut de la nature. Doté d’un statut incomparable dans l’infini de l’univers, il y règne : absurde !

Le multiculturalisme asiatique, bouddhisme, taoïsme, hindouisme, confucianisme etc., pas plus récent ni moins élaboré que notre islamo-judéo-christianisme, approche différemment la nature : l’univers est au centre de l’étude de la vie. Force dominante, elle est le principe de la recherche du bien-être de l’être humain. Pour s’en rapprocher, la méditation et une sorte de quiétisme naturelle sont des exercices de prise de conscience du non-sens de la vie. Why not !

#conscience

#humanité

Vide constitutif.

Du lieu commun des réunions de famille, ou d’amis, surgissent les souvenirs ; attisée par un rien d’alcool, la discussion s’envole avec les points de vue des mémoires incertaines, objets de divergences, surenchères, digressions…

En petit comité sous le sceau de la confidence, les réminiscences apparaissent. Ces ombres, qui nouent nos émotions, s’énoncent laborieusement ; à ce ressenti individuel on ne peut que compatir.

Dans le secret du cabinet de l’analyste, le sujet intéressé par l’ancrage de sa personnalité se livre au sauvetage d’un écho de l’inconscient : reflet des évènements que le temps a gommé, traumatismes diffus qui nous manipulent.

Un non-voyage (No go !) dans le temps m’agite ; celui des absences qui m’encerclent, de ce vide qui m’enlace. Quid de mon premier cri ? Lorsqu’un représentant du corps médical m’a reçu parmi les vivants d’une tape sur les fesses : de la douleur irradiante de l’air déchirant mes poumons ! Primordiale. Quid de l’odeur du sein de ma mère ? De sa chaleur, du goût de la première succion… Pas de trace de la première séparation à l’entrée du jardin d’enfance… Rien de l’émotion du premier baiser ni de l’élan qu’il venait en quelque sorte sceller… Pas plus de nomination, ni de souvenance de l’anxiété vitale de mon être vierge au mystère de la confrontation amoureuse… L’homme avance devant ce vaste oubli, brouillard insaisissable, creux infini sans paroi !

J’évoque non pas l’exercice d’imagination, prose ou poésie vertueuse, émouvante création pour une communion inspirée, mais le vide de la méconnaissance, de l’amnésie de ce qui n‘a ni registre, ni ombre, ni écho : ce trou béant qui nous constitue aussi fondamental que notre mise au monde, abîme nécessaire à l’être de l’humain pour vivre, heureux et malheureux, constitutif. Tous les efforts rationnels, scientifiques, religieux, artistiques, psychologiques témoignent de l’impossibilité à appréhender ce vide majeur, entre-aperçu dans la profondeur de l’univers.

 Comment ne pas se souvenir de ne pas oublier ce dont je ne me rappelle pas, que « La vie n’a de sens que sa propre existence »*.

*Jacques Fux