« Prendre le temps »


Dans son sens immédiat, saisir physiquement ou par l‘esprit le chronologique impalpable, n’a pas de sens. Pour le plaisir des mots, le temps nous sur-prend et on ne l’ap-prend, à peine se mé-prend-on à son sujet.

La langue française a créé l’expression familière « prendre le temps » : on dit courtois « Prenez votre temps ! », fatigué « Je vais prendre mon temps », sage « Il faut prendre son temps » etc.

Le temps dans le sens de la durée est aussi insaisissable qu’une évidence aveuglante ; l’abordage subjectif, intuitif permet l’approche de l’apparente aporie. La juxtaposition du verbe prendre, pragmatique et accessible, au concept universellement accepté et si diversement appréhendé, relève du paradoxe. Une vérité qui convoque à la rescousse le bon sens, cette sagesse humaine souvent décriée. L’usage de l’expression, avec le temps, a donné un deuxième sens, figuré : une invitation à ralentir notre marche effrénée, à faire à loisir ; à attendre l’instant opportun, et pourquoi pas à flâner, à traîner, voire à paresser, et même à s’arrêter. Une possible revanche contre le temps !? Non, mais une simple tentative de partenariat contre l’irréductible ; un contournement pour s’en faire un allié : idéal, un rêve !

Il est le pendant analogique, de perdre son temps, à peine plus préhensible ; comment peut-on perdre quelque chose qu’on ne possède que si peu ? Joueurs, les cruciverbistes proposent de faire les deux simultanément : « glander, lanterner… »

Comme d’autres énonciations paradoxales, elle provoque scientifiques et hommes de lettres qui ne cessent de s’y pencher, quand les hommes d’esprit s’en jouent. « Prendre le temps », des générations d’êtres parlants nous en proposent un sens remplit de sagesse populaire ; accueillir le temps, variante du « Carpe diem ». Prendre le temps sous son aile, pour qu’il nous porte : en prendre la mesure, s’attarder, se poser pour savourer le temps qui passe : vol suspendu contre l’infini temps du large… on n’y peut mais, mais on s’en joue.

Paraphrasant Miou-Miou, si la vie est une semaine, j’aborde le week-end avec l’espoir d’un mardi férié et d’un pont le lundi.

WOKE ²

La moitié du Brésil fête la victoire, la plus serrée (2% d’écart) de son histoire démocratique, du candidat démocrate Luis Inacio da Silva contre le candidat d’extrême-droite Jair Messias Bolsonaro, premier président au pouvoir à ne pas être réélu.

Le discours de Bozo contre Lula a été celui des Républicains de Trump ; attaque langue de bois de la droite fasciste qui répond à la gauche démocratique que son discours de tolérance est un totalitarisme. L’électeur aliéné a alors le choix entre 2 totalitarismes : conservateur/fasciste ou démocrate/tolérant. Démonter cette rhétorique mystificatrice n’est ni facile ni vaine. Pour la campagne de Bozo, la narrative sectaire se compose de rhétorique haineuse et de solutions simplistes, absurdes contre-vérités de facile appréhension, et s’associe à des promesses ultralibérales pour un capitalisme conservateur à la vision courte.

Le Messie de l’extrême droite voulait installer un régime fasciste comme Putin, Orban, Hitler et Mussolini, entre autres… La recette est la même : communication mensongère surabondante, violente et discriminative contre ses adversaires, véhiculée par les réseaux sociaux sans contrôle ; le concours de la majorité des congressistes conquis par ses largesses budgétaires, qui lui aurait aussi assuré leur appui pour augmenter le nombre de ministre de la Cour Supérieure Fédérale qu’il eût contrôlé en nommant les nouveaux membres. Comptant avec la neutralité de l’armée, qui ne voulait pas d’un coup d’état militaire, Bozo Président à la tête de l’exécutif, aurait contrôlé le législatif et le judiciaire, et sa réélection aurait couronné un coup d’état estampillé « démocratique ».

Bozo a éliminé le dialogue républicain, et entrainé la société brésilienne dans une radicalisation, déchirant son tissu social : familles, amis, voisins… Fracture évidente dans les états du sud majoritairement bolsonaristes. Les états lulistes ont retrouvé une joie de vivre qui ne faisait plus partie de leur quotidien, à cause de la violence et de la haine de 4 ans d’intox fasciste. Victoire, courte, de la tolérance contre le fanatisme, de la joie de vivre contre la jouissance mortifère.  

https://youtu.be/3gaJbwpljxU

La Chine


L’Europe investit en armement et court le risque d’une disette. Hommes d’affaires et dirigeants politiques, services de renseignements et fins diplomates n’ont pas pris la mesure du cousin orthodoxe. L’Europe va y laisser sa culotte et son image, la Russie s’orientaliser.

Les médias suivent les évènements occidentaux, l’araignée chinoise tisse soyeusement sa toile. Le temps joue en sa faveur ; après négociations, elle absorbe par reptation, mesures administrativo-financières et techniques, les intérêts particuliers et privés qu‘elle avait sollicités. Question de temps, sa croissance économique (de l’ordre de 100% d’ici 2032) va créer, les conditions politico-financières, et militaires, de la domination : la presqu’île Hongkongaise sera annexée, et l’île de Taïwan suivra. Dans l’immédiat Xi Jinping sauve les apparences désirées par la morale occidentale dominante. Le coût de la précipitation serait immense ; la suprématie chinoise entrainera une omission générale. Un conflit d’un quelconque type est inutile, la victoire sans livrer bataille est assurée. « L’art de la guerre » Sun Tzu.

La croissance est programmée : après être le principal fournisseur de produits manufacturés de la planète, elle se poursuivra avec l’ouverture du marché interne à une consommation « occidentale » : 1,4 milliards d’individus…         

La Russie, repoussée par l’ouest et le centre de l’Europe, va dépendre de son voisin chinois : la Chine renforce le front face à l’occident divisé par un libéralisme incurable, gagne un accès privilégié à des matières énergétiques qu’elle n’a pas, et la Russie le meilleur allier économique de la planète.  

Le président Xi est de l’ethnie Han comme 90 % de la population chinoise, présente dans toute l’Asie : culture syncrétiste de confucianisme et taoïsme. En Chine et à l’étranger, il est déjà considéré de l’envergure de Mao Zedong et Deng Xiaoping. Son intelligence stratégique va prévaloir encore pour au moins dix ans, le temps nécessaire d’installer la Chine a sa place : l’empire dominant de la planète. Il souhaite inscrire « Une belle histoire chinoise », revanche souriante contre la violence de l’Occident et du Soleil Levant.