Et après… (1)

Les générations nées avant 1900 (après J-C) étaient mariées : les familles composaient les couples, les jeunes gens retrouvaient avec l’autre l’affinité de ses origines : un fils de médecin épousait la fille du pharmacien, un fils d’agriculteur celle du maraicher. Le mariage tapissait de vœux de bonheur le départ du couple qui se connaissait de s’être regardé dans le blanc des yeux, de s’être donné la main. Le marié faisait ses classes et la mariée se présentait vierge à l’autel. Tout écart était voué aux gémonies.

Photo noir et blanc d'un couple année 1900
 »Portrait of an unsmiling couple » Marion, Kentucky.

Après 1900 la belle époque à son apogée, les jeunes profitent de nouvelles mœurs, se rencontrent pour se connaître, réunions de famille parfois festives où on surveille les élans. Les couples se forment avec l’assentiment des ascendants qui statuent en dernier recours. Pas de copulation hors mariage l’Église est impérative. L’après 14/18, oblige à des concessions : mariage sans l’aval des familles et divorces font scandale, à voix basse !

La génération née pendant l’entre-deux guerres à vent, des scandales par la presse, la radio, objet de débat entre intellectuels, artistes etc. Sous le vernis judéo-chrétien écaillé, transparaissent les ombres et les inconscients. La deuxième guerre mondiale et la libération sont fêtées corps et âmes. Après la rigueur des lendemains gris, une ouverture trouve sa place : le mariage entre adulte se fait avec ou sans l’autorisation des parents, qui ferment les yeux sur un débordement amoureux entre fiançailles et mariage : on se marie. L’Église campe sur ses positions ; le divorce est adopté, de fait.

La génération née après la moitié du XXème siècle, trouve chez la précédente questionnée par la prise de parole intellectuelle et journalistique, un terrain préparé à la non répression du « Make love, not war » de la génération 68 : ados et jeunes sont persuadés d’avoir gagné une victoire historique contre bourges et conservateurs. Les culbutes libres sont de rigueur et les soutifs volent. La libération sexuelle en cours est facilitée par la contraception, le débat ouvert sur l’avortement et la prise de parole des féministes comme S. de Beauvoir et G. Halimi. Pourquoi se marier ?

À SUIVRE …