Le Brésil!?(2)

3 séjours, 30 ans de Brésil ; c’est peu pour en comprendre la diversité, c’est mieux qu’un touriste assidu. Le coup de foudre passé, j’appréhende l’exagération subversive. Au sud de l’équateur, l’européen sied “cul-par-dessus-tête” : renaissance inconvenante.

Les identitaires me contrediront, mais le flâneur planétaire, expatrié volontaire, y trouve une terre de mélange, de contraste et d’intégration, « xénophile ». Ces filles et ses fils, tous différents (Différences souvent insupportables !), ont amendé la culture judéo-chrétienne de traditions animistes indigènes et africaines. Une illustration symbolique : Antonio Vieira, jésuite du XVIIème siècle, compare la culture portugaise à celle des amérindiens : la première une statue de marbre blanc supporte les attaques du temps, la seconde est de myrte un bois facile – dans ma traduction approximative -, « si le jardinier ne s’en préoccupe, en quatre jours sort une branche qui lui traverse les yeux, une autre lui décompose les oreilles, deux sortent des cinq doigts et en font sept, et ce qui avant était un homme, est déjà un désordre vert de myrte ».

Les concepts changent, la réalité inestimable de la vie dépasse les idées, la nature corrompt les symboles…

Brésil!(1)

Enfant, je collectionne les drapeaux : collage de vignettes probablement d’une marque de chocolat ou de lessive. Celui que je préfère, pour ses couleurs tropicales, a un losange couché, un trou enrubanné ; un rêve, un fantasme.

Je réside à l’étranger, passe des vacances en Europe, en Afrique du Nord…  

Dans les années 70, la copine Carioca d’un ami, me fait connaître le « Discophage » derrière le Panthéon : un club de musique brésilienne. Quelques musiciens et des enceintes acoustiques sur une courte estrade font entendre l’actualité de la Musica Popular Brasileira (les Variétés !). Des diapositives des plages de Salvador et Rio de Janeiro au hasard des murs, on danse sur les bandes son, et les artistes sont fêtés avec une ferveur verbale sans limite – On donne de la voix : chant, paroles, onomatopées, cris, rires et pleurs mélangés !-, doublée d’une pantomime rythmée, joyeuse, sensuelle ! Sans comprendre un mot de l’enthousiasme des brésiliens expatriés, l’inorganisation et les caïpirinhas calibrées ont raison de mon rationalisme cartésien : la joie de vivre et la décontraction sont incomparables.

La société pour laquelle je travaille, ouvre une filiale de ce côté-là de l’équateur :  je postule, et suis élu.

Interview

Pour la Rentrée, je me suis soumis à une interview du making-off de «La naissance de la vocation d’Antoine de Saint Exupéry*», auteur classique du siècle dernier, dont je vous raconte la jeunesse exubérante.

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*Disponible dans les meilleures librairies et sur le site de Riveneuve éditions.