Le vide absolu

Wheatfield with crows, Van Gogh Museum, Amsterdam (Vincent van Gogh Foundation)

Le vide absolu n’existe pas. Épiphénomène la terre peut disparaître, l’univers non : il est, équilibre entre vie et mort, entre ordre et désordre, la Vie.

Le cul entre deux siècles, cette vacance me réjouit. Le siècle passé a vu la civilisation occidentale, tendance planétaire, accéder au droit des corps de s’approcher, de s’embrasser et plus si affinités. Conquête des sens, progrès humain banalisé, négligé pour d’autres plus élaborés, vénaux et immatériels.

L’humanité est attirée par l’artificiel des loisirs et des concepts qui occupe chaque année une part plus importante de l’activité humaine. La monnaie (Flux dématérialisé/acte de foi impérieux !) fait fonctionner l’économie mondiale (Grandiose comédie !), sustentée par une accélération permanente de la consommation de biens et services souvent inutiles : miroir aux aliénés.

Unique être vivant doté de capacité d’abstraction, l’être humain s’est embarqué dans cette spirale, conséquence inimaginée d’une compétence inédite à créer besoins et rêves, et leurs désirs …L’élite (1%) de la population mondiale en tire un bénéfice (dé)raisonnable ; la tête dans les étoiles, elle pousse le bouchon sans cesse plus loin, incapable d’arrêter la machine. La planète a annoncé « la situation est insoutenable » ; pas pour les négationnistes.

Dans notre monde virtuel la vieille humanité – et son contact embué avec la réalité à travers le langage -, a besoin de relation physique avec la Nature sous peine devenir une race de zombis, mue par des désirs aux goûts tous les jours plus éthérés. La consommation effrénée est une drogue légale, létale, une addiction infernale aux confins d’une Vie négligée. L’aube d’une prise de conscience individuelle et globale apparaît : éviter le raz de marée d’une nature révoltée et la désagrégation d’une humanité inhumaine

Optimiste par nature, je m’adonne à un épicurisme conscient (!?) et confesse ma paresse intellectuelle : j’abandonne les raisonnements savants et la qualification de mon penchant naturel.

Une nouvelle en étrenne.

Ces fêtes de fin d’année sont marquées de perte et d’incertitude ; en étrenne une nouvelle surprise, un récit réjouissant inspiré d’un conte populaire.

« La soupe aux pierres », mise en bouche…

À chacun@e le meilleur Noël possible et un nouvel an plein d’espoir !

Chaleureusement.

Le reste est à lire ici dans « La soupe aux pierres » ou si vous préferez télécharger le pdf complet.

Brésil!(1)

Enfant, je collectionne les drapeaux : collage de vignettes probablement d’une marque de chocolat ou de lessive. Celui que je préfère, pour ses couleurs tropicales, a un losange couché, un trou enrubanné ; un rêve, un fantasme.

Je réside à l’étranger, passe des vacances en Europe, en Afrique du Nord…  

Dans les années 70, la copine Carioca d’un ami, me fait connaître le « Discophage » derrière le Panthéon : un club de musique brésilienne. Quelques musiciens et des enceintes acoustiques sur une courte estrade font entendre l’actualité de la Musica Popular Brasileira (les Variétés !). Des diapositives des plages de Salvador et Rio de Janeiro au hasard des murs, on danse sur les bandes son, et les artistes sont fêtés avec une ferveur verbale sans limite – On donne de la voix : chant, paroles, onomatopées, cris, rires et pleurs mélangés !-, doublée d’une pantomime rythmée, joyeuse, sensuelle ! Sans comprendre un mot de l’enthousiasme des brésiliens expatriés, l’inorganisation et les caïpirinhas calibrées ont raison de mon rationalisme cartésien : la joie de vivre et la décontraction sont incomparables.

La société pour laquelle je travaille, ouvre une filiale de ce côté-là de l’équateur :  je postule, et suis élu.