Résumé.

Emmanuel Macron vient d’un milieu favorisé d’Amiens ; au lycée chez les Jésuites, il apprend proactivité, dialogue entre foi et culture, dialectique. Cato !

En seconde cours de théâtre : il rencontre Brigitte Auzière, née Trogneux – Il a 15 ans, elle trente-neuf, est mariée, trois enfants -, professeur de lettres et théâtre. Ils réécrivent « L’art de la comédie » de Eduardo de Filipo et… Scandale en province ! Les parents de l’adolescent l’envoient à Paris faire sa terminale. Ils se marieront en 2007. Rétro !

Si la grand-mère maternelle, principale dans les Pyrénées, le porte vers la gauche, il apprécie Stendhal et Albert camus, Arthur Rimbaud et René Char, Léo ferré et Charles Aznavour. Pour son DEA en philosophie il choisit Machiavel et Hegel. Assistant éditorial d’un livre de Paul Ricœur, il intègre le comité de rédaction de la revue Esprit. Ambivalent !

Inspecteur des finances, il est approché par le MEDEF, avant de devenir associé à la Banque Rothschild. Inspiré par Jean-Pierre Chevènement, il est membre du PS jusqu’en 2009 ; en 2012 il est secrétaire adjoint de François Hollande où il séduit le patronat et la presse. Il démissionne en juin 2014, en août il est ministre de l’Économie et de l’Industrie : le virage social-libéral de F. H. Loi Macron et  exposition médiatique le font connaître du public français et étranger : en 2017 il incarne la troisième voie, ni droite ni gauche, progressiste et conservateur, un « bon sens » pour tous, populaire. Opportuniste séduisant !

E. M. sur le plateau a une présence de premier de classe, le sourire généralement indémontable, capable de dire tout et son contraire – pirouette et changement de damier -, dotée d’une stratégie très actuelle : il fait parler de lui avec quelques propos des-connexes, la rareté valorise sa prise de parole auprès des médias traditionnels, pendant que des youtubeurs informés (« bouche à oreille ») occupe le terrain des réseaux sociaux. Professionnel !

Emmanuel Macron ressemble au scorpion de la fable de la grenouille et du scorpion… Irréductible conservateur !

Navigation à vue.

Avec le problème planétaire de la pandémie de Covid 19 non résolu, vient l’invasion de l’Ukraine, rappel de la loi du plus fort.

Méprisé par les occidentaux, le représentant de l’histoire de son pays, président nationaliste autocrate maquillé de républicain, menace l’équilibre de la planète avec l’arme atomique.

Les conséquences immédiates de l’invasion de l’Ukraine, entre information et désinformation, ignorance réelle et feinte, sont imprévisibles. Si des similitudes sont possibles l’environnement est aujourd’hui d’une complexité qui dépasse le stricte pouvoir des armes.

L’expression de l’impérialisme russe n’est pas très différente de celui d’autres pays qui s’imposent – passagèrement ou non, sous prétexte de la Responsabilité de Protéger R2P – à d’autres nations. La morale n’a jamais trompé personne même leurs alliés : sous le couvert du devoir d’installer la paix à l’aura « des Lumières », d’autres intérêts sont en jeu.

La folie des hommes, qui est ce qui a de mieux distribué sur notre planète, démontre qu’aucune partie du monde ne cesse de révéler cette pulsion de mort, tellement humaine, sous la forme populiste du fascisme, Ukraine incluse. Une réelle défense des valeurs démocratiques et humanistes va demander à nos républiques vacillantes de se battre avec toutes les armes à portée de main.

Le leadership économique annoncé et en cours de la Chine crée les conditions de l’ascension d’un nouvel ordre politique : de la dualité prééminente de la mauvaise conscience judéo-chrétienne par une stricte obéissance confucianiste au père, à la tradition, au plus fort. Dans les prochaines années le sourire de Bouddha de Mr Xi va remplacer le sourire hollywoodien Mr Biden : un même objectif de domination, une esthétique à peine différente, mais une autre école philosophique, morale et politique. Mr Putin s’est allié à son voisin.

Le prochain leader mondial, sur la grille planétaire de son jeu de Go pousse ses pions dans une partie qui compte avec le temps. L’ONU entrouvrira ses portes à un nouvel équilibre planétaire où les occidentaux vont perdre la main.

Raducanu.

Emma Raducanu
Une Légende, déjà.

Emma Raducanu, une adolescente de dix-huit ans venue des éliminatoires a gagné un trophée du Grand Slam – l’US Open -, elle est la première britannique, depuis plus de 40 ans. Emma d’origine canadienne, de père roumain et de mère chinoise, est portée aux nues, alors que Roumains, Chinois et autres immigrants sont accusés de voler les emplois de sa majesté, et sont repoussés de l’autre côté de la Manche. Son exploit a été salué par diverses personnalités du Royaume Uni, dont le premier ministre Boris Johnson illustre pour ses campagnes en faveur du Brexit et opposées à toute émigration.

Sans y voir de paradoxe, il a profité de l’opportunité pour tenter de nettoyer son image xénophobe et rétrograde. L’incurie est double : d’une part le crédit de ce succès n’appartient pas à ses choix, et d’autre part loin de confesser que les faits viennent contredire sa ligne politique, il se cache derrière le doigt de son gant retourné, dans une pirouette dialectique digne des meilleurs autocrates populistes ! En prime sa célérité gomme l’effet d’annonce de la rhétorique adversaire.

Les conseillers de sa majesté ont emboité le pas et la Reine a saisi l’occasion de rajeunir l’image des Windsor, revers de la longévité, seulement comparable à l’étendue anachronique et inégalée, de sa titulature sous couvert de « commonwealth » : 21 monarchies et 32 républiques… Aucune forme d’impérialisme. La monarchie britannique est la plus fabuleuse comédie de l’ère moderne. William Shakespeare, en artiste, en avait été le premier chantre.          

La politique et le sport font bon ménage : B. J. avait réuni sous la bannière des jeux olympiques les « britanniques de plastique »* portés par les investissements d’autres gouvernements. Pas de jet de pierre exclusif à Albion, à son exemple j’ai saisi l’opportunité. Sorry.

*Traduction littérale pour les athlètes qui ne sauraient pas par cœur le « God save the queen ». Je confesse ne pas chanter notre hymne national, au ton belliqueux et revanchard : éculé. Je me sens citoyen du monde et européen, de naissance français et parisien, à distance.